Nos Cabanes…

Zondag 29 september was zo’n dag waar de aangename verrassingen harmonieus in elkaar haakten. Het bindend element was een wandeling van Soignies (Zinnik) naar Hennuyères, 18 kilometer verderop.
In Soignies willen de arbeiders van de glasfabriek Durobor hun failliete fabriek in zelfbeheer overnemen.
In Hennuyères voert een snel groeiende coöperatieve een campagne om een bos te kopen en in het publieke domein te zetten. Daarvoor is +600.000 euro nodig.
Beide initiatieven willen het gemeengoed versterken.
Met het Brussels Brecht-Eislerkoor steunen we die beweging op onze manier, met een muziektheaterstuk over de 5 blokken in hartje Brussel, een wijk met ruim 300 woningen die gesloopt wordt.
Durobor + Le Grand Bois + ons 5 blokken-stuk zeggen alledrie dat wij de wereld zien als een warm huis.
Net wat de Franse schrijfster Marielle Macé in haar boekje Nos Cabanes zegt.
En wat wilde het toeval: dat boekje maakte op 29 september ook de trip naar Soignies en Le Grand Bois mee…

Que vivent les mouettes à la mare!

Arrivé en retard ce dimanche matin (j’explique cela dans 2 secondes), je me retrouve seul devant l’usine Durobor à Soignies. L’entreprise a fait faillite, les travailleurs veulent sauvegarder l’emploi et reprendre l’usine coopérativement en autogestion. Vous allez me dire: OK, très bien, mais où est le lien avec les 5 blocs à Bruxelles? il est bien loin, non? Ce lien existe, ce lien c’est ‘les biens communs’. Puisque là-bas comme ici, nous luttons pour le domaine public. Nous avons intérêt à défendre le domaine public, à y maintenir nos patrimoines (les 5 blocs) ou bien les y introduire (l’usine Durobor).

Sinon, c’est foutu.

Soignies, dimanche 29 septembre, à une heure matinale. Commune rouge? je l’ignore, mais à distance, le carillon d’une église sonne: Ave Ave Ave Maria. Je suis là parce qu’un appel des Actrices et Acteurs des Temps Présents sur Facebook m’a interpellé.

Nous nous sommes donné rendez-vous ici pour rencontrer ceux de Durobor, ‘en faillite’, dit l’annonce. Durobor est ‘Fabricant belge de verres à boire et à manger’, et ‘nous discuterons de la réalité des (ex-)travailleu.r.se.s et du projet de racheter la société pour la transformer en coopérative autogérée‘. Devrait ensuite commencer une promenade de quelque 18 kilomètres, pour arriver au Grand Bois d’Hennuyères, encore un bien à conserver précieusement et en commun.

Mais arrivé en retard et ne voyant plus personne à l’intérieur de l’usine, je suis obligé de faire la balade seul, à travers champs, avec comme seul outil un smartphone à batterie faible. Et en effet, après je dirais 5 kilomètres, plus de jus dans l’appareil. Je me dirige donc instinctivement (intuitivement disent maintenant les marketeers du techno) vers le nord. Je traverse les voies du chemin de fer Soignies-Braine-le-Comte et perçois heureusement les contours de B-le-C à distance. [Je comprendrai après que les Actrices et Acteurs ont pris un sentier plus à l’est et beaucoup plus joli puisqu’il traverse le Bois de la Houssière, dommage…].

Dans les champs, je passe devant un enclos, disons de loisir, avec une petite mare au milieu. Pas de clôture à l’entrée, mais elle est imminente, une fondation en béton coulée il y a peu en témoigne. Ici, un mec (sans doute) a installé sa caravane pour se détendre, lui, et faire sa pêche dans sa mare. La mare, comme tout ici, est à lui et bien privée: un filet noir tendu au-dessus de cette flaque d’eau empêche les mouettes de se détendre, elles, et de se marrer éventuellement avec ce qui vit dans cette marée. Et pour qu’il n’y ait pas le moindre doute que tout la parcelle est bien surveillée, le proprio a mis non pas une mais deux caméras (je n’en vois pas une troisième), une à l’entrée et l’autre sur la caravane, pour monitorer la situation à distance, en restant branché 24/7 je suppose sur ce réseau-de télévision en circuit fermé (CCTV), certaines personnes trouvent la paix de l’esprit dans de telles névroses.

À Braine-le-Comte, je triche. Je prends le train jusqu’à Hennuyères et fais les 2 kilomètres qui restent jusqu’au bois à pied. L’annonce sur Facebook dit ceci: ‘Nous terminerons la marche vers 16h à la fête du Grand Bois Commun. Ce site a été exploité comme argilière jusque dans les années 70. L’arrêt de l’industrie extractive a laissé place à un reboisement spontané et de belles zones humides. Le projet porté par des riverains avec le soutien d’Ardenne & Gaume est de créer une coopérative citoyenne pour constituer une réserve naturelle et préserver l’intérêt commun. Nous irons les rencontrer pour comprendre leur beau projet !’

Un beau projet en effet. Lancé en avril de cette année, Le Grand Bois privé commun compte déjà 669 coopérateurs qui Tous Ensemble ont mis 307.800€ dans la cagnotte pour acheter ‘collectivement 80 hectares de forêt préservée et classée Natura 2000 pour les rendre accessibles à tous’. Le propriétaire demandant plus de 600.000€ pour tout le bois, Le Grand Bois privé commun cherche davantage de coopérateurs. Vu le nombre d’adhérents rassemblés en si peu de temps, cela devrait marcher.

Peu après 16h, les marcheurs arrivent. Parmi eux, l’animateur-écrivain-poète Paul Herman. Je lui dois (au moins une bière) pour m’avoir fait découvrir Nos cabanes, un petit livre jaune de la Française Marielle Macé. C’était en mars, lors du Micro-Festival « Une brique dans la gueule » (au Centre sportif et culturel de la Tour à Plomb à Bruxelles) où il avait lu des extraits de ce petit livre. Et, quel hasard: ce matin j’ai mis Nos cabanes avec mon piquenique dans mon sac à dos et avance dans la lecture!

Nos cabanes, c’est une merveille. Et Tout Autre Chose que la caravane monitorée à la mare privée que j’ai vue quelques heures plus tôt. Marielle Macé plaide pour que nous fassions des cabanes, ‘sans pour autant se résigner à une politica povera ou s’accommoder de précarités de tous ordres … mais pour braver ces précarités, leur opposer des conduites et des convictions’. Faire des cabanes, c’est ‘élargir les formes de vie à considérer, retenter avec elles des liens, des côtoiements, des médiations, des nouages’. Faire des cabanes, c’est ‘Étonner la catastrophe par le peu de peur qu’elle nous fait’ (comme le disait Victor Hugo dans Les Misérables); c’est s’emparer du présent, c’est apprendre à vivre dans un monde abîmé, dans les ruines du capitalisme avancé, car c’est là le seul monde à disposition. ‘Étant tout sauf désabusés’, écrit Macé, ‘nous n’avons plus d’autre choix que celui d’inventer une nouvelle voie’.

Cette nouvelle voie nous la traçons en créant justement ces biens communs, ces commons, et en luttant pour l’emploi, pour la nature, pour les bibliothèques, pour le service public, pour le logement qui en font tous partie.

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